LAISSER REPOSER LE MANUSCRIT

 

LES CONSEILS D’ELODY HENRY POUR ECRIRE SA VIE

 

Il est une étape sur laquelle beaucoup d’auteurs font l’impasse par impatience ou encore parce qu’ils ne voient pas l’utilité de cette phase pourtant capitale, qui consiste à laisser le manuscrit de côté une fois qu’il est terminé, corrigé et retravaillé.

J’estime personnellement avoir assuré trois relectures affinées avant de franchir cette étape. C’est-à-dire qu’à ce stade le manuscrit est complet, propre, les corrections grammaticales et de syntaxe sont faites… il ne manque quasiment plus rien pour qu’il naisse.

Si ce n’est… du temps.

 

LAISSER POSER… COMME DE LA PÂTE À GÂTEAU

 

Et bien déjà pour vous permettre de souffler et réaliser ce que vous venez de faire et d’achever.

Prendre le temps de savourer le fait que Oui ça y est ! vous avez écrit le livre de votre vie, vous avez écrit votre histoire !

Ce n’est pas rien dans une vie, tout le monde n’en est pas capable. Il est temps d’apprécier, de vous féliciter et… de vous reposer. Oui du repos pour l’esprit est nécessaire, parce que depuis sûrement des mois, une grande partie de votre attention se concentre sur cet ouvrage. Vos pensées ont été aussi sollicitées que vos souvenirs et vos émotions. Au fil des différentes phases d’écriture, vous avez pu constater que tous les moments ne sont pas si évidents à mettre en mots et que certains sont même très bouleversants. Toutefois, malgré les difficultés, vous avez franchi la ligne d’arrivée…

 

Bravo, vous l’avez fait ! Bientôt vous le tiendrez entre vos mains.

 

Concernant l’aspect de la pratique, j’aime assez reprendre l’exemple de la pâte à gâteau que j’ai déjà évoqué dans d’autres articles. Lorsqu’il est écrit dans la recette qu’il faut la laisser reposer 3 heures, vous ne vous posez pas la question, c’est ainsi et comme vous ne voulez pas prendre le risque de rater votre dessert, vous la respectez scrupuleusement.

Eh bien ici c’est pareil, c’est écrit dans la recette pour écrire un bon livre !

À force d’avoir le nez dans son ouvrage, il n’est plus possible de prendre assez de hauteur et de recul pour repérer les manquements, les lourdeurs, les passages inutiles ou répétitifs… A force de lire, de modifier, de relire… on arrive presque à une indigestion parfaitement compréhensible… ce que je souhaite vous faire éviter à tout prix… c’est l’écœurement.

 

C’est là qu’il faut comprendre et apprendre l’importance de pouvoir lâcher et laisser le manuscrit tranquille au moins trois semaines (week-ends compris).

Trois semaines pendant lesquelles vous ne le toucherez plus même si ça vous démange ou si ça vous réveille la nuit.

Trois semaines où vous ne rajouterez rien, même si cela vous demande un effort surhumain.

Certains y arriveront sans trop de difficultés, tandis que pour d’autres il faudra résister comme on peut le faire avec le chocolat ou toute autre gourmandise. Pour y parvenir, le mieux est de vous occuper, de penser à autre chose et de concentrer votre esprit sur d’autres activités. L’idéal serait presque de l’oublier.

 

Bien entendu, il n’est pas exclu de garder à côté de soi un cahier pour noter des idées pêle-mêle, mais en aucun cas reprendre la lecture pour les insérer que ce soit sur votre ordinateur ou sur format papier.

 

Cette période sert surtout de moment pour lui dire au revoir. Car oui, il n’est pas si facile de mettre un terme à ce travail qui demande tellement d’intériorité. Il faut aborder la fermeture de cette parenthèse afin qu’elle ne soit pas douloureuse, parce qu’on peut ressentir comme une sorte d’abandon lorsqu’on termine un livre autobiographique. Après tant de temps passé ensemble, il faut pouvoir se préparer à ne plus se voir. Toujours corriger, relire c’est aussi maintenir le lien en quelque sorte… c’est ne pas pouvoir lâcher la main.

 

RELECTURE ET MODIFICATIONS

 

Trois semaines au minimum viennent de s’écouler. Vous pouvez enfin ressortir votre manuscrit du tiroir et le relire, mais attention pas n’importe comment.

  • Phase 1: Une première relecture de remise dans le bain doit être faite dans le calme sans rien toucher ni corriger pour avoir une vue générale et d’ensemble sur tout votre récit.
  • Phase 2: Dans la seconde phase, vous pouvez intégrer et procéder aux ajouts, corrections et éventuelles suppressions.
  • Phase 3: Relecture finale.

 

Comme je l’évoquais précédemment, savoir poser le stylo n’est pas aussi aisé qu’on peut le croire. Quand savoir que tout y est ? Comment être sûr de ne rien oublier ? Si cela peut vous rassurer, un livre n’est JAMAIS terminé. Si vous attendez que cela soit le cas, alors vous attendrez sans doute des années voire une vie entière. Vos mots sont figés dans l’instant de la personne que vous êtes aujourd’hui. Si vous repoussez sans cesse le moment de le terminer, alors ils évolueront avec vous et vous aurez sans cesse besoin de les modifier. C’est un cercle vicieux dans lequel il ne faut pas tomber et s’imposer un STOP ferme et définitif !

En réalisant tout simplement  que le jeu des corrections est sans fin, il faut pouvoir accepter qu’il puisse manquer un ou deux détails qui ne changeront rien au cours de l’histoire, car après avoir effectué tant de travail, l’essentiel est là !

Pour tout vous avouer, il manquera toujours quelque chose. Un manuscrit peut être travaillé à l’infini, des années durant.

 

C’est LA raison pour laquelle bon nombres d’auteurs n’arrivent pas à envoyer le leur à des éditeurs. La perfection n’existe pas, elle n’existe pour rien… Nous pouvons seulement tenter de s’en rapprocher au maximum, en donnant le meilleur de nous.

Il est donc temps désormais de mettre ce point et de vous réjouir… vous y êtes arrivé !

Vous êtes allé au bout, là où beaucoup laissent tomber par manque d’aide, de conseils ou d’assiduité.

 

Elody