LE PASSE

 

Il n’a pas de personnalité le passé, il n’a aucune nouveauté et ne sait rien inventer.
C’est un manipulateur qui espère gagner du temps et du terreau en me faisant culpabiliser, un usurpateur qui m’amène à me ronger les sangs comme un rat de trottoir affamé.
C’est aussi un fourbe qui craint la solitude autant que le rejet. Il m’accable comme une hyène vorace, uniquement pour continuer de vivre à mes crochets.
Le passé n’a pas d’autre odeur que celle de la douleur… il n’a pas d’autre cœur à user que le mien qu’il croit posséder et connaître sur le bout des serres.

Mais après avoir nourri tous les Cerbères de mes enfers, avec le temps …

J’ai pardonné au passé,
Pour qu’il ne sache plus comment venir me chercher, pour qu’il ne sache plus me détruire, pour ne plus l’entendre murmurer du bout des lèvres et saccager à volonté mes nuits et mes rêves.

 

Étrangement depuis, il se tait.

 

J’ai renoncé au passé,
Pour permettre à l’avenir de se dessiner sans reproduire de mauvais modèles.
Avec des couleurs inconnues, j’ai préféré le laisser exprimer sa spontanéité… sans le contraindre ou l’anticiper, sans volonté ni besoin de tout connaître.

 

Étonnamment depuis, revient la curiosité.

 

J’ai laissé au passé tout le mauvais,
Parce qu’il n’aura jamais plus rien d’autre à dire que ce que je sais.
Les vieux acariâtres poussiéreux, je ne les supportent que dans les livres et encore, avec beaucoup de retrait.
Je n’ai plus le temps d’en perdre ni de l’écouter radoter à l’infini des histoires qui n’ont plus aucunes perspectives… qui ne trouvent plus de prises dans mon esprit, qui n’ont plus de réalité. À sa rengaine empêtrée, j’ai préféré extraire l’expérience.

 

Évidemment depuis, ça me plaît.

 

Le chemin est long, tortueux… rien ne sera jamais gagné. Je me sèvre tous les jours des résidus qu’il reste pour mettre de la valeur dans mes choix, au lieu d’en retirer.
J’avance par élans, je m’affole, je me mets en retrait, mais je poursuis ma quête sans me retourner.
Je cherche, je trouve les remèdes qui m’apaisent et qui m’accordent enfin la trêve que je n’ai pas volée.
Progressivement, je change…  je touche un peu de paix.

Chaque jour qui passe n’est plus un jour de trop sur le balancier du temps… il devient un jour de gagné.

À la vie devant soi ! À la vie devant vous !

 

Elody