On dit qu’il n’y a pas de hasard, que les lignes sont écrites au-delà de nos mains… que tout ce qui arrive doit se passer pour une raison qui lui appartient.

On dit que c’est une alchimie, le croisement de deux silences qui sourient… on dit combien c’est joli, une vie qui touche une autre vie.

C’est la première étincelle qui bouleverse et renverse le quotidien pour le teindre d’une légèreté que rien ne retient.

C’est comme si tout à coup, l’oxygène qui passe dans nos poumons n’était plus le même.
Il devient frais, il devient fou, il devient vivant et mouvant de tout ce qui le trouble.

On entend plus le monde qui crie, on le ressent plus fort parce qu’on vibre avec lui.

On ne donne plus de définition aux émotions, parce qu’elles ne ressemblent de toute façon jamais à ce que l’on décrit, à ce que l’on ressent au fond.

Quand la vie se pose sur le souffle court d’un autre parcours, le cœur trouve une prise dont l’esprit ne sait plus se dessaisir.

Peu importe alors la durée de la route, la difficulté du sentier… on marche, on court, toujours on monte sans se soucier des catastrophes dont on se croit temporairement épargnés…
Des embûches, il y en aura pourtant toujours à traverser… nous oublions que le pré n’est pas toujours plus vert à côté.

Il ne s’agit pas de devenir aveugle ou sourd, c’est une invitation à se sentir exister en dehors des rengaines et des habitudes consternantes qui hurlent « Au secours ».

Toutes ces répétitions quotidiennes nous poussent à dupliquer les journées, qu’on espère voir passer plus vite… pour ensuite se plaindre que le temps file entre nos mains, que la vie passe comme un train que l’on a déjà raté cent fois.

Lorsque deux personnalités uniques se posent l’une contre l’autre pour apprendre à se découvrir… c’est un état de suspension fragile, une pause, un retrait, un répit… c’est le comble d’un manque puissant autour duquel tout devient magique.

Quand une vie touche une autre vie, on perd la notion du temps… le vide part se cacher, il dérive dans l’oubli.

Il reste alors ce Tout immense qui prend la place du reste, qui devient vital voire même obsessionnel…
Et puis, le sablier glisse… sans que l’on sache pourquoi, sans que l’on sache si demain… le chemin pourra ou non se poursuivre.

Quand une vie touche une autre vie, tout devient possible… du néant au firmament.
Soyons seulement attentifs à la première étincelle, à cette allumette qui craque notre ciel et qui transforme le voyage en enfer de larmes ou en océan de fleurs…

Le bonheur n’est pas toujours là où l’on croit… alors prudence, patience et un brin de tempérance… juste le temps de pouvoir voir où il va.

Elody